
Skater fan d'AC/DC, en terminale dans un lycée parisien, Sid rêve d'un téléphone portable. Avec lui, il pourra séduire Angie, sublime jeune fille fraîchement débarquée de New York, pendue pour l'instant au bras de Virgile, le playboy de l'école. Mais le téléphone que Sid achète dans un étrange bazar chinois se révèle avoir d'étranges pouvoirs… HELLPHONE a choisi Sid. L'amitié avec Pierre, son ami d'enfance et l'amour pour Angie sauront-ils résister à la relation passionnelle entre Sid et son téléphone ?
HELLPHONE, il exauce tous vos désirs… et plus…
J'ai toujours désiré faire un teenage movie français. Un film joué par des jeunes, que je pourrais mettre en lumière, faire briller. Je voulais mettre en scène cette explosion d'énergie, d'audace, d'insolence. L'adolescence est l'âge où l'on découvre le monde et où l'on se découvre soi-même. C'est un potentiel dramatique unique. Quand nous avons eu l'idée d'un téléphone “vivant”, avec ses propres pouvoirs, comme une lampe d'Aladin du XXIe siècle, nous l'avons tout de suite imaginé dans la main d'un adolescent.
Le portable est l'objet le plus intime des adolescents. Celui dont ils ne se séparent jamais. Rarement éteint, toujours à portée de main, il est au coeur des premiers échanges amoureux, car il autorise un contact avec l'autre qu'ils n'auraient jamais osé établir sans cet outil. De la réunion de ces deux idées, est né HELLPHONE.
PARAÎTRE OU NE PAS ÊTRE
L'adolescent, qui souvent ne sait pas encore qui il est, affiche une personnalité qu'il n'a pas encore. Il vit en bande pour se donner confiance. À aucun autre âge, la pression du groupe n'est plus forte. L'apparence, l'image ont alors une importance énorme. Je souhaitais, sur le ton de la comédie, traiter de ce problème du paraître, qui commence à l'adolescence et dont beaucoup d'adultes ne se sont toujours pas libérés. HELLPHONE en est le symbole évident. Pour exister, pour être “cool”, il faut toujours avoir un portable mieux que les autres à la sortie du lycée.
Sid est un jeune comme il y en a des millions. L'amitié est essentielle pour lui et il découvre l'amour. Sid veut impressionner, il veut pouvoir rivaliser avec Virgile, le playboy du lycée. Angie et lui représentent l'ultime “branchitude”, ils maîtrisent les codes, ils sont enfermés dans la frime, à l'inverse de Sid et de son ami Pierre. Finalement, seuls sortiront indemnes de cette aventure ceux qui renonceront au paraître. Ce chemin vers la connaissance de soi et la simplicité est essentiel pour devenir un adulte libre et bien dans sa tête. C'est le message que j'avais envie de faire passer aux jeunes, en les faisant marrer plutôt que de leur prendre la tête. D'où cette comédie déjantée. En fait le film est une parabole sur les dangers du paraître.
L'EMPRISE DE LA MACHINE
HELLPHONE raconte aussi comment un être humain tombe sous l'influence d'un objet, perd peu à peu pied et se coupe de la réalité… Tant et si bien que l'on ne sait plus vraiment qui est le « maître » de l'autre… La machine qui prend contrôle de l'homme, c'est un thème récurrent de la science-fiction. Le téléphone portable en est aujourd'hui l'exemple le plus flagrant. Depuis Murnau et Lang, du Golem et de Metropolis jusqu'à Matrix, ce thème a été exploité par le cinéma. Dans toute l'histoire de l'humanité, aucun objet n'a changé aussi rapidement et radicalement les comportements professionnels et privés. Il n'y a plus d'horaires de bureau, on est joignable tout le temps. Quel soulagement de savoir que nos enfants peuvent nous joindre lorsqu'ils sortent le soir (vous remarquez je n'ai pas dit de pouvoir les joindre !). A une vitesse fulgurante, le portable s'est imposé comme le compagnon de nos jours, de nos nuits. 85% des premières histoires d'amour chez les ados naîtraient à travers les SMS et il paraît que ce pourcentage n'est pas loin d'être le même chez les adultes !
Avec lui, les enfants sont plus libres : fini le téléphone de la maison surveillé par les parents qui décrochent et rôdent aux alentours le temps de la conversation. Mais cette liberté a un prix, nous sommes devenus dépendants de cet objet, au point d'en être bien souvent prisonniers. Au-delà des effets sur la santé qu'il pourrait avoir et que l'on ne mesure pas encore, ce phénomène de société nous absorbe et bouleverse tout. On paye ses achats, on réserve ses billets d'avion ou de cinéma, on s'oriente dans la ville, grâce au portable. On ne connaît ni la limite de ses bienfaits, ni celle de ses dangers. Les adolescents d'aujourd'hui ont grandi avec cette excroissance technologique. Ça m'amusait beaucoup d'être le premier à donner vie à un téléphone portable au cinéma.

Au moment de l'écriture, nous n'avons pensé à aucun comédien en particulier. Trouver l'interprète de Sid était un point délicat. C'est Bruno Coulais, le compositeur, qui m'a parlé de Jean-Baptiste Maunier. J'avais évidemment l'image du petit prodige des CHORISTES mais je le trouvais a priori trop jeune.
Bruno a insisté et il a eu raison. Dès notre première rencontre, j'ai su que j'avais trouvé Sid. J'ai découvert un tout jeune homme d'une extraordinaire maturité pour son âge, une humilité et une stabilité inespérées au regard de ce qu'il avait vécu. Je lui ai donné le script et, dès le lendemain matin, il m'a rappelé. Il avait énormément envie de jouer le personnage, et il fallait ce désir pour accepter l'investissement humain que cela allait lui demander. Il n'a jamais relâché ni son enthousiasme, ni son acharnement au travail.
Ensuite, il nous a fallu constituer la troupe. Mon espoir était de mettre en lumière les meilleurs comédiens de la génération à venir. Nous avons passé au crible plus de quatre cent cinquante gamins entre quinze et vingt-cinq ans en France, en Belgique et en Suisse. Ces jeunes font partie de la génération HELLPHONE, celle qui est née avec le téléphone portable. Benjamin Jungers, qui joue Pierre, a quelque chose d'incroyable. Il a la puissance d'un Clovis Cornillac jeune et le regard de Malcolm McDowell. Il est toujours juste. Son personnage était d'autant plus important qu'il me permettait de casser les codes sociaux. Pour moi, faire une comédie avec des ados ne signifiait pas céder aux clichés qu'on leur colle trop souvent. La frime, le mauvais goût, la gentillesse, tout cela n'est pas une question d'argent ni de classe sociale. Pierre est issu d'une famille aisée, mais il est simple et authentique.
Le personnage d'Angie nous a donné quelques sueurs froides ! Jennifer Decker est tout simplement la dernière personne que j'ai vue au casting. C'était Angie : à la fois belle et accessible, rock'n roll et romantique. Elle a un formidable potentiel dans tous les registres, la comédie, l'action, l'émotion. Virgile est l'opposé de Sid, son côté obscur. Trouver qui pouvait incarner ce personnage n'a pas été simple. Vladimir Consigny dégage une grâce, un charme fou. Il a eu le courage de composer un personnage frimeur, antipathique et sulfureux. Il nous a tous bluffés dans cette prise de risque. Vladimir et Jean-Baptiste impriment l'image naturellement, avec une élégance insolente. Le reste du groupe, Anaïs Demoustier, Judith Chemla, Edouard Collin, Baptiste Caillaud et Géraldine Martineau, a été extraordinaire. Ils ont une telle personnalité qu'on les retrouvera forcément dans l'avenir.
UNE COMÉDIE INTEMPORELLE
L'une des choses qui me tenait à coeur était de faire une comédie actuelle sans qu'elle soit datée. Le défi était de taille, car si les thèmes et les émotions du film sont intemporels, rien n'évolue plus vite que la mode des jeunes ou la technologie, et notamment les téléphones portables. Nous avons conçu le téléphone comme un personnage. Le pari était donc double : donner une intemporalité à l'objet, et l'humaniser, lui créer une personnalité maléfique.
Sa forme rappelle un masque africain, sa couleur rouge se dégrade vers le noir, ses yeux sont les touches On-Off, ses oreilles sont des oreillettes Bluetooth, sa surface en métal est totalement tactile, sa voix est féminine, langoureuse, et une sonnerie qui siffle comme le serpent… Quel plaisir de faire naître ce portable ! Nous aimons beaucoup notre HELLPHONE. “Comme pour le téléphone, créer le look des personnages du film était passionnant. Il fallait des directions fortes et osées, que les jeunes acceptent sans se poser la question de leur vraisemblance. Les autres éléments de HELLPHONE ont suivi le même principe, ne pas être datés tout en étant identifiés aux codes des adolescents. Tout le film, et les personnages d'adultes sont vus à travers leur filtre. J'aime partir du monde réel, et le décaler pour qu'il n'appartienne qu'à l'univers d'un film. Celui de HELLPHONE est définitivement celui de l'énergie de la jeunesse.”
INFLUENCES ET COLLABORATIONS
Mes influences sont nombreuses et vont de l'expressionnisme allemand aux comédies produites par Spielberg dans les années 80, en passant par les films d'aventure que je regardais quand j'avais l'âge de Sid. C'est à ce cinéma vivant, imaginatif et généreux que j'avais envie de rendre hommage. “Pour la musique, la démarche a été simple. La plupart des réalisateurs que j'admire ont un lien fort avec un compositeur - Tim Burton avec Danny Elfman, Hitchcock avec Bernard Herrmann, Spielberg avec John Williams. Sans oser me comparer à eux, ce lien existe pour moi avec Bruno Coulais. Nos collaborations précédentes ont été tellement fabuleuses que je ne me voyais pas travailler avec quelqu'un d'autre. Il a su prolonger l'univers du film à travers sa musique. Dès le premier thème, lorsque l'on découvre le téléphone dans le générique de début, il y a le souffle, le mystère et l'émotion dont je rêvais.”
“Pour les chansons du film, j'ai fait comme pour le casting. Nous avons écouté tous les jeunes groupes de rock français avant de choisir les Elderberries. Ils ont moins de vingt ans et leur musique est vraiment géniale. Sept de leurs chansons sont dans le film dont trois chansons originales qui seront aussi dans leur prochain album”.
HELLPHONE est avant tout un film à dimension humaine qui s'adresse à tous. Le parcours d'adolescents qui grandissent au cours d'une aventure extra ordinaire. L'histoire éternelle d'un trio : le jeune héros timide et issu d'un milieu modeste, la belle inaccessible, et le meilleur ami. Une histoire d'amour et d'amitié, ces valeurs essentielles dont on découvre la fragilité à l'adolescence, et qu'il faut apprendre à préserver contre toutes les tentations. Ces tentations que symbolise HELLPHONE.

Fan d'AC/DC et de skate, Sid (Jean-Baptiste MAUNIER) est différent, à l'écart. Il travaille comme serveur chez Poulet Fritz pour aider sa mère divorcée et… il n'a pas de portable. Pour conquérir Angie, la fille qu'il aime, il est prêt à tout.
Pierre (Benjamin JUNGERS) est l'ami d'enfance, le frère jumeau de Sid. Ils partagent tout : le skate, AC/DC, le peu d'intérêt pour les fringues et les gadgets high-tech. La seule différence : ses parents ont de l'argent.
Fraîchement débarquée de New-York, Angie (Jennifer DECKER) est rock'n roll, affiche une assurance et une “coolerie” absolue. Elle est drôle, dans la provoque. C'est une fille que tout le monde aime, que le lycée s'arrache.
Virgile (Vladimir CONSIGNY) est beau, riche, arrogant… détestable. Il roule en Austin Cooper, et toutes les filles sont folles de lui. Il forme avec Angie le couple phare du lycée.
Tout en muscles, Franklin (Edouard COLLIN) cogne avant de parler et parle avant de réfléchir. Virgile et David sont sa famille.
David est le deuxième sbire de Virgile. Nerveux, au rire hystérique, il semble dépourvu de neurones. Il est incontrôlable et imprévisible.
“Fashion victim”, Clémence se prend pour une star. Elle est amie avec Angie et amoureuse de Virgile. Tous deux représentent pour elle l'ultime “branchitude”. Si t'as pas de marque, impossible qu'elle te remarque !
Margot est l'amie d'enfance de Clémence. Intelligente, la vanne assassine, elle affiche sa différence avec un look provoquant et dur. Elle est secrètement amoureuse de David.
Charlotte est la fayotte de la classe. Elle a les macarons de la Princesse Leia et la taille d'ET. Elle est le souffre-douleur de la classe.