
En 1945, les armées américaine et japonaise s’affrontèrent sur l’île d’Iwo Jima. Quelques décennies plus tard, des centaines de lettres furent extraites de cette terre aride, permettant enfin de donner un nom, un visage, une voix à ces hommes ainsi qu’à leur extraordinaire commandant.
Les soldats japonais qu’on envoyait à Iwo Jima savaient que leurs chances de survie étaient quasi nulles. Il y avait parmi eux un boulanger du nom de Saigo (Kazunari Ninomiya), qui ne rêvait que de voir naître sa fille; un champion olympique, le Baron Nishi (Tsuyoshi Ihara), écuyer et homme d’honneur connu à travers le monde entier ; Shimizu (Ryo Kase), un jeune ex-policier militaire dont la guerre n’avait pas encore entamé l’idéalisme ; et le lieutenant Ito (Shidou Nakamura), militaire pur et dur qui aurait préféré le suicide à la reddition.
Leur chef était le général Tadamichi Kuribayashi (Ken Watanabe), à qui ses voyages aux États-Unis avaient appris que cette guerre était perdue d’avance, mais avaient également enseigné la tactique propre à retarder l’avancée de l’immense armada américaine déployée dans le Pacifique.
Animé d’une volonté implacable, Kuribayashi exploita ingénieusement la nature du terrain, transformant ainsi la défaite éclair annoncée en 40 jours d’héroïques combats.
Près de 7000 soldats américains et plus de 20 000 Japonais ont perdu la vie à Iwo Jima. Leur sang s’est depuis longtemps perdu dans les profondeurs du sable noir, mais leurs sacrifices, leur courage et leur compassion ont survécu dans ces Lettres.
En réalisant le diptyque MÉMOIRES DE NOS PÈRES/LETTRES D’IWO JIMA, Eastwood souhaita jeter un double éclairage sur cet épisode décisif de la Guerre du Pacifique, à travers les destinées d’une poignée de personnages, et se démarquer du film de guerre classique :
«Dans la plupart de ceux que j’ai vus au cours de ma jeunesse, il y avait les bons d’un côté, les méchants de l’autre. La vie n’est pas aussi simple, la guerre non plus. Nos deux films ne parlent ni de victoire, ni de défaite. Ils montrent les répercussions de la guerre sur des êtres humains dont beaucoup moururent bien trop jeunes.»
En développant MÉMOIRES DE NOS PÈRES, le réalisateur entreprit des recherches détaillées sur le déroulement de la bataille d’Iwo Jima et ses enjeux humains et stratégiques : «J’ai été fasciné par le système de défense extraordinairement original que le général Kuribayashi avait mis en place sur l’île. Les Américains n’arrivaient pas à comprendre comment les Japonais pouvaient résister à des bombardements aussi intenses.»
Kuribayashi s’était vu confier une mission impossible : repousser la vaste armada américaine. Il inventa une stratégie défensive qui tirait pleinement parti de la configuration de cette île volcanique, en créant un réseau de tunnels de près de 30 kilomètres, reliant 5000 cavernes et casemates d’où la petite armée japonaise prendrait pour cible un adversaire largement supérieur en nombre comme en moyens. Il exigea que chacun de ses soldats tue dix ennemis avant d’être tué. Opposé à la guerre contre les États-Unis - pays pour lequel il avait une profonde et durable affinité -, il n’en combattit pas moins avec passion jusqu’au bout.
Clint Eastwood dit «Je me suis demandé quel genre d’homme il avait été pour défendre cette île avec autant d’acharnement que d’habileté. En enterrant ses défenses, en installant un dispositif souterrain, il s’écartait radicalement de la tactique japonaise habituelle, consistant à protéger les plages et faire donner l’artillerie lourde depuis le large. Cette approche n’aurait pas convenu ici, mais cela n’empêcha pas nombre de ses subordonnés de croire que Kuribayashi était devenu fou.»
Pour cerner la personnalité de ce général hors norme, Eastwood se fit traduire plusieurs livres japonais et découvrit à cette occasion un recueil de lettres de Kuribayashi d’une valeur inestimable : «Picture Letters From Commander In Chief», collationné par Tsuyuko Yoshida et publié aux éditions Shogakukan-Bunko.
Clint Eastwood dit «Ces missives étaient adressées à sa femme, à sa fille et à son fils. Beaucoup provenaient des États-Unis, où Kuribayashi avait séjourné à la fin des années Vingt et au début des années Trente. On y découvre un homme très sensible, focalisé sur sa famille, qui lui manquait cruellement.»
«Les jeunes conscrits dont il avait la charge ressemblaient à leurs homologues américains et aux soldats de toutes les armées. Ils n’avaient pas choisi cette guerre, on les avait envoyés là-bas sans leur cacher qu’ils n’avaient guère de chance d’en revenir. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut dire de but en blanc à un Américain. La plupart des gars partent au combat en se disant «Bon, ça sera dangereux, mais je pourrais peut-être m’en tirer et reprendre une vie normale.» Tel n’était pas le cas pour ces jeunes Japonais, condamnés selon toute probabilité à mourir sur cette île. J’ai beaucoup de mal à comprendre cette mentalité, mais je m’y suis efforcé en lisant tout ce que j’ai pu trouver sur ces hommes et leurs expériences.» Durant son premier voyage au Japon, Eastwood obtint du Gouverneur de Tokyo Shintaro Ishihara l’autorisation de tourner une partie du film sur Iwo Jima (l’île étant rattachée administrativement à la Ville de Tokyo bien qu’elle en soit distante de plus de 1100 kilomètres). Le Gouverneur, ancien comédien, metteur en scène et écrivain renommé, soutint activement Eastwood dans la réalisation de son diptyque.
«Il était tout à fait favorable à ce que nous tournions certaines scènes sur l’île, à condition d’en respecter la zone consacrée. C’est pourquoi les effets pyrotechniques ont été réalisés sur les plages d’Islande, durant le tournage de MÉMOIRES DE NOS PÈRES.»
Les Américains s’attendaient à vaincre l’adversaire en cinq jours. La tactique de Kuribayashi les bloqua sur place pendant plus d’un mois, face à des hommes dont le général avait exigé le sacrifice suprême.
Pour interpréter ce personnage complexe et brillant, Eastwood choisit Ken Watanabe, comédien de réputation internationale nommé aux Oscar®, dont il avait admiré le travail sur LE DERNIER SAMOURAI et MÉMOIRES D’UNE GEISHA : «Nous nous étions rencontrés aux Oscar® quelques années plus tôt. Il m’avait beaucoup impressionné par ses talents et sa présence, tant à l’écran que dans la vie. Qualité indispensable pour jouer un tel personnage.» Watanabe se passionna pour la personnalité de cet homme d’exception et fit même à la scénariste quelques suggestions inspirées par ses propres recherches.
«Ken visita l’ancienne résidence du général, rencontra sa famille et tint à saluer sa mémoire à travers la traditionnelle cérémonie du «don de l’eau» réservée aux disparus», indique le producteur Robert Lorenz. Eastwood et sa fidèle directrice de casting, la regrettée Phyllis Huffman, travaillèrent avec la directrice de casting américaine basée au Japon Yumi Takada et Warner Entertainment Japan pour réunir la distribution.
Clint Eastwood dit «Je connaissais très peu de ces acteurs et j’ai donc visionné quantité de films et démos. Mais «jouer» a le même sens dans toutes les cultures. Si vous êtes bon, cela passe, même si les gens ne comprennent pas ce que vous dites.»
La barrière linguistique aurait pu être un obstacle entre le réalisateur et ses acteurs sur le plateau, mais une communication intuitive s’établit très vite entre eux.
«C’est peut-être le meilleur ensemble qu’il m’ait été donné de diriger. J’ai déjà eu affaire à quantité d’excellents comédiens, mais je n’en avais jamais vu d’aussi focalisés sur le travail. Cela a été une expérience très plaisante… alors même que je ne comprenais pas un traître mot de leur texte !»
Pour Eastwood, qui n’avait jamais tourné un film de guerre de cette ampleur – et a fortiori deux coup sur coup -, LETTRES D’IWO JIMA a été l’occasion de rendre hommage aux combattants, hors de toute considération politique.
Clint Eastwood dit «Les corps de douze mille soldats japonais non identifiés reposent encore à Iwo Jima. Je pense qu’ils méritent un certain respect, au même titre que les soldats américains. Je souffre autant pour les deux camps, dans cette guerre comme dans toute guerre. Quantité d’innocents sont sacrifiés dans ces situations, et ce film se veut un hommage à tous ceux qui ont donné leur vie pour leur pays.» «Adolescent à la fin de la Deuxième Guerre, je me rappelle encore mon soulagement à la voir s’achever», conclut Eastwood. «Chacun à travers le monde aspirait alors à vivre en paix. J’espère que nous aurons tous ce privilège au cours de notre existence.»
140 mn – Image 2:35
DVD 1 :
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Image : 1080p haute definition - 16x9 - 2:41
Langues :
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien, espagnol, Portugais, Néerlandais, Danois, Norvégien, Finnois et Suèdois
Même suppléments que le DVD