
Sa femme Margot a été sauvagement assassinée par un serial killer. Totalement détruit, Alex ressasse jour après jour le souvenir bouleversant de son amour perdu. Huit ans ont passé. Alex reçoit un e-mail anonyme. Il clique : une image… Le visage d'une femme au milieu d'une foule, filmé en temps réel. Celui de Margot…
Le blockbuster…
24 février 2007. La 32ème Nuit des Césars, présidée par Claude Brasseur, plébiscite le second long-métrage de Guillaume Canet NE LE DIS A PERSONNE avec pas moins de 4 récompenses, parmi les plus prestigieuses : Meilleur Réalisateur (Guillaume Canet), Meilleur Acteur (François Cluzet), Meilleure Musique écrite pour un film (Mathieu Chedid) et Meilleur Montage (Hervé de Luze). NE LE DIS A PERSONNE n'est « que » le second film de Guillaume Canet. La précision est importante car, rares sont les cinéastes qui passent aussi rapidement du coup d'essai réussi (MON IDOLE, son premier film) au coup de maître magistral. Et pourtant. Mis en scène avec une efficacité proprement redoutable, NE LE DIS A PERSONNE s'inscrit dans la grande lignée des polars psychologiques musclés et labyrinthiques chers au cinéma d'outre-Atlantique.
… Á la française !
Thriller racé, NE LE DIS A PERSONNE est l'adaptation du best seller « Tell No One » de l'écrivain américain maître du suspense, Harlan Coben. « Je suis tombé sur « Tell No One » et pour la première fois je me suis approprié cette histoire » précise Guillaume Canet. « Il y avait une multitude de personnages forts (…), j'ai aussi aimé la multitude des genres : thriller, amour, suspense. En lisant le roman, je voyais les images, je savais exactement comment je voulais le réaliser. » Subjugué par l'intrigue tortueuse, le poids psychologique des personnages et la réelle dimension romanesque du récit, Canet remue ciel et terre jusqu'à obtenir les droits du livre… les raflant ainsi aux Américains, lesquels avaient déjà jeté leur dévolu sur le fameux roman.
Une mise en scène osée
Le jeune réalisateur ne s'arrête pas là. Malin, il fait preuve d'un culot monstrueux lorsqu'il prend le parti de briser les codes visuels du thriller. Essentiellement filmé à hauteur d'homme et quasi majoritairement du point de vue du personnage principal Alex, NE LE DIS A PERSONNE repose sur une mise en scène lumineuse, précise et légère, et sur une photographie étonnamment gaie. « Je voulais qu'il fasse beau, que cela se passe en été, que les lumières soient magnifiques, bref que cela n'ait rien à voir avec les thrillers dans lesquels il pleut sans arrêt, et dans lesquels personnages et musique sont sinistres » explique Guillaume Canet. « Je voulais au contraire un total décalage entre ce que vit Alex et ce que vivent les gens autour de lui à ce moment-là. Ils sont en terrasse, ils s'amusent, il y a une décontraction totale dans l'air. Je trouvais plus intéressant que l'univers dans lequel il progresse soit en contradiction complète avec son émotion et ce qu'il ressent. »
Une interprétation magistrale
Pour insuffler suffisamment de crédibilité et de puissance émotionnelle au film, Canet s'entoure des comédiens les plus à-même de faire preuve d'authenticité. Le générique donne le vertige : François Berléand (déjà à l'affiche de MON IDOLE), André Dussollier (UN LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES), Kristin Scott-Thomas (GOSFORD PARK), Nathalie Baye (LE PETIT LIEUTENANT), Jean Rochefort (L'HOMME DU TRAIN), pour ne citer qu'eux. Une brochette d'acteurs incroyable emmenée par un François Cluzet (JANIS ET JOHN) épatant et véritable révélation du film « Quand Guillaume m'a offert ce personnage » témoigne Cluzet, « j'ai eu envie d'y mettre tout mon système, d'utiliser la période initiatique pendant laquelle j'ai joué beaucoup de seconds rôles ingrats. J'aime ça, parce que j'estime que les acteurs doivent montrer ce qu'est la perversité, la lâcheté, la médiocrité… »
Une musique totalement improvisée
Pour signer la musique de son film, Guillaume Canet fait appel à -M-. Le musicien et chanteur signe ici sa toute première bande originale. Un score composé en une seule journée et réalisé de manière peu conventionnelle, car totalement improvisé face aux images du film et enregistré en direct . Ce concept, souhaité par Canet, séduit -M- : « Cela m'a interpellé et je lui ai donc dit “voyons le film, si je suis inspiré, d'accord”. J'ai vu le film, je l'ai beaucoup aimé, je l'ai trouvé très intense et j'ai senti qu'il y avait de la tension à apporter dans la musique… ».
À quel moment la conception des bonus du DVD de NE LE DIS A PERSONNE a t- elle été “pensée” ? Et en quoi cela change votre manière de travailler ?
Cela ne change en rien ma façon de travailler, je n'y pense pas en faisant le film. C'est après le montage ou pendant le montage, que je décide de mettre certaines choses de côté pour les bonus. En revanche, le making of est, lui, présent dès le début de l'aventure. Dès l'écriture... Il y a d'ailleurs un vrai point de vue d'écriture du making of lui même, fait sur mes deux films par Bastien Duval. Il s'agit plus d'un documentaire...
Quel est votre degré d'implication dans la production des bonus du DVD ?
Elle est totale, comme dans tout ce qui concerne le film. Ce qui me paraît plutôt évident.
Les bonus offrent des scènes coupées. Par définition, une scène coupée est une scène qui ne fonctionne pas (ou qui s'avère inutile) dans le métrage final. Pourquoi les proposer ?
Parce que très souvent, si on les a filmées, c'est qu'elles ont un sens et qu'elles sont de qualité. Pour autant, elles ne peuvent s'insérer dans un montage final qui propose autre chose. Donc la qualité nous donne souvent envie de les proposer quand même.
Quelles sont vos motivations dans le choix de ce court-métrage comme bonus de l'édition DVD de NE LE DIS Á PERSONNE ?
Simplement, j'avais déjà mis mon premier court métrage sur le DVD de "Mon Idole", mon premier long, donc il me semblait intéressant de mettre sur le DVD de mon deuxième film, mon deuxième court. Et puis, je pensais que les gens seraient intéressés de voir l'évolution de mon travail en tant que metteur en scène.
Etes-vous un gros consommateur de DVD et regardez-vous les BONUS ?
Oui, je consomme beaucoup de DVD, surtout le matin au petit déjeuner, ou si je n'ai pas le temps j'en emporte un avec moi et je le consomme en allant travailler… J'aime beaucoup regarder des films en DVD et les bonus dépendent beaucoup du film lui même. Mais en général, j'aime bien regarder ce qui est proposé dans les bonus.
Pourquoi des bonus cachés ?
Pour qu'on les trouve !
Etes-vous intervenu dans la réalisation du making of, dans son montage ? Quelle liberté avez-vous laissé au réalisateur du MKO sur le tournage ?
J'entretiens avec Bastien Duval (réalisateur du making of) une vraie relation d'amitié, et j'ai une grande confiance en lui. Ce qui lui a permis de tourner et d'être très présent sans jamais me déranger. Ce qui lui permet en même temps de filmer de très beaux moments sans jamais les fabriquer. En ce qui concerne le montage, j'ai un droit de regard mais je n'ai rien eu à dire, car j'apprécie beaucoup son travail et j'ai envie qu'il puisse avoir la même liberté de montage que j'ai eue moi-même sur mon film.
Format : DVD 9 – 2.40 – 16/9 compatible 4/3 – 2h05 Son : Français 2.0 DD, 5.1 DD, DTS
Sous-titres : Français, Anglais
Bonus :
• Making of : « La Face B » (52 mn)
• « J' peux pas dormir », courtmétrage de Guillaume Canet
• Derniers plans des acteurs
• 20 scènes coupées
• Bêtisier
• Galerie de photos
• Bonus cachés