Les Proies, le film

SYNOPSIS

En cette année 2057, le soleil se meurt, entraînant dans son déclin l'extinction de l'espèce humaine. Le vaisseau spatial ICARUS II avec à son bord un équipage de 7 hommes et femmes dirigé par le Capitaine Kaneda est le dernier espoir de l'humanité. Leur mission : faire exploser un engin nucléaire à la surface du soleil pour relancer l'activité solaire. Mais à l'approche du soleil, privés de tout contact radio avec la Terre, les astronautes perçoivent un signal de détresse en provenance d'ICARUS I, disparu sept ans auparavant. Une erreur fatale les contraint à modifier leur trajectoire. Ils doivent désormais lutter pour rester en vie, ne pas sombrer dans la folie, mais avant tout pour mener à bien leur mission essentielle pour l'avenir de l'humanité.

Sunshine, le film

QUELQUES FAITS SCIENTIFIQUES

Une étoile disparaît chaque seconde. Notre étoile la plus proche, le soleil, est un réacteur à fusion nucléaire gros comme un million de fois la Terre. Il brûle 600 millions de tonnes d'hydrogène par seconde. Les scientifiques estiment que d'ici 5 milliards d'années, le soleil aura épuisé ses réserves de « carburant». Qu'arriverait-il à notre planète s'il les épuisait avant terme ?

L'espèce humaine survivrait-elle ?

 

SUNSHINE : UN SCENARIO POSSIBLE ?
Sunshine, le filmREPERES SUR LE SOLEIL ET LA MATIERE NOIRE
Par le Dr. Brian Cox du Centre Européen de Recherche Nucléaire

Le soleil se comporte comme un réacteur à fusion nucléaire de la taille d'un million de fois la Terre. Il s'agit d'une étoile de la troisième génération, apparue il y a environ 4,5 milliards d'années, à une période où l'univers avait déjà 9 milliards d'années d'existence : entre-temps, deux générations d'étoiles avaient eu le temps de naître et de disparaître. Le soleil, de même que les planètes du système solaire, sont composés de nuages géants de poussière et de gaz libérés dans l'espace au cours de l'extinction des premières étoiles. Si le soleil nous semble être d'une importance primordiale, il n'est que l'une des cent milliards d'étoiles de notre galaxie - et il existe au moins cent milliards de galaxies dans l'univers… Le soleil n'a donc rien de particulièrement remarquable.

D'ailleurs, il n'est pas éternel. D'après nos calculs, ses réserves en hydrogène devraient lui permettre de durer encore 5 milliards d'années. Mais pourrait-il disparaître bien plus tôt, d'ici un siècle par exemple ? D'un point de vue scientifique, c'est tout à fait improbable. Mais il n'en reste pas moins que l'univers ne nous a pas encore livré tous ses mystères. Depuis quelques années, les astronomes ont remarqué qu'il existe une matière dans l'univers qu'on ne peut percevoir qu'à travers son influence gravitationnelle sur les étoiles et les galaxies : on l'appelle "matière noire" et elle est cinq fois plus abondante que la matière ordinaire qui constitue les êtres humains, ainsi que les étoiles et les planètes qu'on observe au télescope.

De quoi s'agit-il ? Il est possible - et même probable selon certains scientifiques - que cette matière soit composée de particules dites "supersymétriques". Les physiciens théoriques ont consacré plusieurs années à l'étude des propriétés de ces particules et sont parvenus à une compréhension plutôt satisfaisante de leur "comportement". Elles pourraient ainsi s'agréger et former des boules géantes connues sous le nom de "Q-balls". Si cette théorie est exacte, ces étranges phénomènes pourraient être apparus en quelques milliardièmes de seconde après la naissance de l'univers et pourraient continuer de le parcourir aujourd'hui. On estime que si une Q-ball pénètre le coeur d'un objet super dense comme une étoile à neutrons, elle pourrait alors la ronger de l'intérieur comme un cancer jusqu'à ce que l'étoile perde sa masse et explose.

LE FILM

sunshine, le filmLe scénariste Alex Garland a eu l'idée de SUNSHINE en 2004 en lisant un article dans une publication scientifique américaine. « J'ai toujours eu envie d'écrire un film de science-fiction, » déclare-t-il. « Je voulais développer l'idée du voyage de l'homme dans l'espace et chemin faisant, de ce qu'il découvre dans son propre subconscient. J'étais à la recherche d'un sujet auquel je pouvais rattacher cette idée, lorsque j'ai lu un article qui faisait une projection de l'avenir de l'humanité en se plaçant d'un point de vue scientifique et athée. Le papier énonçait des théories sur la fin programmée du soleil et en évoquait les conséquences. L'homme a besoin de l'énergie du soleil pour survivre, et lorsque cette énergie sera épuisée, l'espèce humaine disparaîtra. Ce que je trouvais intéressant, c'était qu'on pouvait facilement spéculer sur la disparition possible de l'espèce humaine - et je me suis alors dit « et si nous avions la certitude que l'homme devait disparaître dans un très proche avenir ? » Je voulais raconter une histoire où la survie de toute la planète dépend d'un seul homme, et en évoquer les effets sur sa santé mentale. C'était le point de départ du scénario».

Huit mois plus tard, Alex Garland rencontre Danny Boyle dans un pub du West End de Londres afin de lui remettre une première version du scénario. Boyle rappelle Garland dès le lendemain pour lui faire part de son enthousiasme ! «Ce que j'adore chez Alex, c'est son ambition, » indique Danny Boyle. « En Angleterre, on a tendance à faire des films modestes, alors qu'Alex s'intéresse à des concepts d'une grande richesse. C'est formidable, même si c'est ensuite difficile à réaliser ».

Sunshine, le filmPour le producteur Andrew Macdonald, le scénario d'Alex Garland était totalement captivant. «Je trouve que le style d'Alex évoque immédiatement des images et, contrairement à la plupart des scénarios, SUNSHINE développe une intrigue qui vous tient complètement en haleine. Certains scénarios sont assez laborieux, tandis que chez Alex, on arrive facilement à visualiser les scènes au fil de la lecture.»

Danny Boyle, Andrew Macdonald et Alex Garland avaient déjà collaboré sur 28 JOURS PLUS TARD et MILLIONS, produit par Fox Searchlight en 2003. «Nous aimons le même genre d'histoires, mais nous avons chacun notre regard sur leur traitement, ce qui ne fait qu'enrichir nos rapports,» reprend Andrew Macdonald. «Ce qui est très important, c'est que chacun affirme son point de vue, Danny en tant que metteur en scène et Alex en tant que scénariste. Mon boulot consiste à faire en sorte que leur projet devienne réalité, tout en prenant certaines précautions pour que le film soit un succès.» «Je crois que nous sommes tous trois très ambitieux, mais lorsque nous travaillons ensemble, nous mettons notre ego de côté,» remarque Danny Boyle. «Je mets mon nez dans le scénario, Alex fait de même vis-à-vis de la mise en scène, et nous nous disons les choses très franchement, sans détours, et c'est ce qui fait tout le prix de notre collaboration».

Danny Boyle était intéressé non seulement par le périple d'ICARUS II vers le soleil, mais aussi par la trajectoire psychologique de l'équipage. «L'idée d'un voyage vers le soleil est formidable sur un plan visuel, mais aussi très intéressante sur un plan psychologique. Comment réagit-on mentalement lorsqu'on se trouve en présence du créateur de l'univers qui, pour certains, revêt une dimension religieuse et spirituelle, et, pour d'autres, un concept purement scientifique ? Sachant que nous sommes tous constitués de particules d'étoiles pulvérisées, quelle serait notre réaction si nous nous rapprochions du soleil, source de vie du système solaire ? C'est très stimulant intellectuellement de soulever ce type d'interrogations.»

Sunshine, le filmDans un souci de vraisemblance scientifique, la production a d'abord sollicité la NASA dans son travail de documentation : l'équipe a visionné plusieurs documentaires sur la conquête spatiale et quelques grands classiques du cinéma de science-fiction, et a rencontré de nombreux scientifiques et astronautes. Andrew Macdonald avait repéré le jeune physicien anglais Brian Cox dans une émission de la BBC et l'avait contacté afin de s'entretenir du projet avec lui.

Brian Cox, qui travaille au CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire), le plus grand laboratoire de physique des particules du monde situé à Genève, a alors accepté de servir de consultant scientifique, ce qui s'est avéré extrêmement précieux. Présent sur le tournage pour guider l'équipe technique et les acteurs et leur fournir des explications sur le fonctionnement du système solaire, il a surtout collaboré étroitement avec Cillian Murphy (Capa), qui interprète le physicien de l'équipage.

«La dimension scientifique du film est très crédible,» explique Brian Cox. «On sent bien qu'Alex est à la fois fou de science et de science-fiction. Nous avons dû faire quelques ajustements, mais j'ai surtout été utile pour le contexte du film, plus que pour l'intrigue en tant que telle». «On se focalise sur la vraisemblance des détails scientifiques, et on essaie de respecter les lois de la physique, mais en fin de compte, on privilégie l'efficacité dramatique», ajoute Danny Boyle.

Dans leur phase de recherches, l'équipe s'est également rendue en Ecosse pour visiter un sous-marin nucléaire. «Je voulais comprendre ce que cela représentait de vivre dans un espace confiné pendant un laps de temps très long, et la claustrophobie que cela engendrait. Nous avons donc visité un sous-marin nucléaire moderne, ce qui nous a fascinés. Nous avons également visionné LE BATEAU de Wolfgang Petersen qui rend parfaitement compte de la tension qui règne chez plusieurs personnages obligés de cohabiter dans un espace réduit et dangereux ».

Par ailleurs, Andrew Macdonald s'est rendu à Moscou pour visiter la Cité des Etoiles, le plus grand centre d'entraînement de cosmonautes au monde. «C'est un endroit fascinant,» précise-t-il. «D'ailleurs, au départ, on avait même envisagé de tourner le film sur place. Mais en fin de compte, cela s'est avéré irréalisable».

A LA RECHERCHE D'UN EQUIPAGE D'EXCEPTION

Sunshine, le filmCompte tenu des prévisions socio-économiques de croissance de la Chine et son prochain statut de superpuissance mondiale, la production a estimé que toute future mission spatiale comprendrait un important contingent asiatique. "L'équipage est composé d'Américains et d'Asiatiques parce que d'ici un demi-siècle, ce seront les programmes spatiaux américains et chinois qui seront les plus avancés et qui bénéficieront des meilleurs financements," explique Danny Boyle. "Mais au départ, on voulait des comédiens du monde entier." Les auditions ont eu lieu à Los Angeles, New York et Londres : finalement, Danny Boyle a réuni des acteurs américains, japonais, malais, australiens, néo-zélandais, irlandais et anglais.

Le comédien irlandais Cillian Murphy interprète Capa, le physicien d'ICARUS II, seul membre de l'équipage à savoir manipuler la bombe extrêmement sophistiquée que transporte le vaisseau. "Contrairement au reste de l'équipage, Capa n'a pas d'expérience militaire, ce n'est ni un ingénieur, ni un astronaute de carrière," note Cillian Murphy. "C'est un scientifique de haut niveau et c'est ce qui le rend un peu étrange. Il n'est pas très sociable, ce qui fait de lui un type à part et quelque peu distant du reste de l'équipage." "Nous cherchions un comédien de haut vol sur lequel le spectateur puisse projeter ses espoirs et ses angoisses tout au long du film, et Cillian correspondait exactement à nos attentes," signale Danny Boyle. "Cela tient en partie à son expérience, et en partie à son assurance, mais il possède aussi ce petit supplément d'âme dont SUNSHINE peut difficilement se passer. Il a été nourri par son expérience auprès de formidables metteurs en scène et collaborateurs. A ceux qui pensent qu'il est un peu trop beau pour être physicien, je répondrai qu'il ressemble comme deux gouttes d'eau à notre conseiller scientifique Brian Cox - ce qui n'était pas volontaire."

L'acteur américain Chris Evans - révélé par le rôle de La Torche dans LES QUATRE FANTASTIQUES en 2005 joue Mace, l'ingénieur du vaisseau. "Mace est issu d'une famille de militaires, c'est un dur à cuire qui ne se pose pas beaucoup de questions," indique Chris Evans. "Il connaît parfaitement le fonctionnement du vaisseau et il possède un sang froid qui lui permet de prendre des décisions mûrement réfléchies y compris dans des situations extrêmes."

Sunshine, le filmC'est après avoir vu LE SAMOURAI DU CREPUSCULE de Yoji Yamada que Danny Boyle a confié le rôle du Commandant Kaneda au comédien japonais Hiroyuki Sanada. La production était à la recherche d'un comédien asiatique capable d'incarner l'astronaute le plus chevronné de l'équipage. "Sa prestation est à la fois extraordinaire et impériale," remarque Danny Boyle. "Quand je l'ai rencontré, j'ai compris qu'il possédait cette autorité naturelle qui impose le respect - et c'était primordial pour son personnage." Il s'agissait d'un véritable défi pour le comédien puisque SUNSHINE n'est que le deuxième film qu'il tourne en anglais : "J'adore les films de Danny car il crée des univers qui possèdent une tension et un tempo formidables," poursuit le comédien. "La tension dramatique du scénario m'a enthousiasmé. Quand on oblige un groupe d'individus à vivre ensemble pendant de longs mois dans l'espace clos d'un vaisseau spatial, cela crée des situations psychologiques complexes qui donnent vraiment matière à réflexion."

Michelle Yeoh campe Corazon, biologiste responsable du jardin d'ICARUS II, ressource principale d'oxygène et de produits frais du vaisseau. "Je crois que dans l'équipage, Corazon est celle qui a le plus de chance car elle s'occupe du jardin," confie l'actrice. "Elle passe son temps à faire ses expériences et à cultiver ses légumes. Mais, bien entendu, aucun des membres de l'équipage n'est préparé aux événements dramatiques qui se produisent. Au fond, il s'agit d'une histoire bien plus psychologique et spirituelle qu'il n'y paraît au premier abord. L'équipage entreprend un périple quasi métaphysique. Quand on fixe l'espace du regard, qu'est-ce qu'on y cherche ? Si on s'attarde trop longtemps dans sa contemplation, on risque bien d'y perdre son âme."

Sunshine, le filmLa comédienne australienne Rose Byrne joue Cassie, pilote d'ICARUS II. "Cassie est sans doute la plus sensible de tout l'équipage, parce qu'elle n'hésite pas à montrer ses sentiments," explique Rose Byrne. "Elle a été choisie pour faire partie de la mission grâce à son caractère posé. Elle ne craque pas et c'est ce qui lui permet de tenir tout au long du voyage. "Ce qui m'a demandé le plus d'efforts, ça a été de manipuler autant de boutons, d'utiliser des micros et de parler dans le vide dans certaines séquences. Je n'avais pas de partenaire sur lequel m'appuyer, et c'est très difficile de tourner une scène où l'aspect technique est primordial quand les enjeux sont aussi vitaux. Car on est constamment confronté à une question de vie ou de mort."

Troy Garity, qui interprète Harvey, officier de liaison du vaisseau, a été une vraie révélation pour Boyle. "Harvey est commandant en second. Il est le seul à qui sa famille manque autant, mais il dissimule ses sentiments aux autres membres de l'équipage," note Troy Garity. "La probabilité de s'en sortir n'est pas très élevée, et chacun gère cette situation comme il peut. Certains de manière assez noble, d'autres de façon plus spirituelle, d'autres encore en étant plutôt fatalistes. Je crois que mon personnage se prend pour quelqu'un de courageux, mais il se révèle en fin de compte tout simplement normal et humain. Le scénario de SUNSHINE tranche vraiment avec les autres. Il est à la fois philosophique, grand public et accessible à tous. Alex n'a pas son pareil pour écrire le scénario d'un film qui soit une oeuvre d'auteur tout en ayant un vrai potentiel commercial."

Pour le rôle de Searle, le médecin officier d'ICARUS II, Danny Boyle souhaitait un acteur capable de déjouer les attentes. "Dans le scénario, le personnage était un type anglais un peu guindé," explique-t-il. "Nous avons choisi le Néo-zélandais Cliff Curtis. Son point de vue sur le rôle était si original que j'ai compris qu'il ferait l'affaire." C'est l'opportunité de travailler avec Danny Boyle qui a poussé Cliff Curtis à accepter le rôle. "Mon personnage, Searle, est médecin psychiatre et devient accro au soleil. Il comprend que la précédente mission a mal tourné, qu'il pourrait aussi leur arriver malheur et il décide de se sacrifier. Pour lui, le soleil est le visage de Dieu. Cela tourne bientôt à l'obsession, comme si le soleil tentait de lui transmettre un message. Avons-nous le droit, en tant qu'êtres humains, de modifier le cours de la nature, d'aller contre elle ? Le soleil est agonisant - mais de quel droit pouvons-nous mettre en cause la sagesse de la nature ?"

Benedict Wong campe l'officier de navigation Trey. "Le scénario m'a vraiment emballé, et j'ai trouvé l'histoire parfaitement vraisemblable," déclare Benedict Wong. "Dans son passé, Trey était enfant prodige. Ado difficile, il a mis au point un virus informatique qui a contaminé un sixième des ordinateurs de la planète. Les pouvoirs publics qui savent reconnaître son génie, lui proposent de le mettre au service d'une cause juste en le formant pour le programme spatial. Sa mission consiste à amener le vaisseau tout près du soleil en toute sécurité, mais il commet une erreur fatale qui lui coûte finalement la vie."

Enfin, Mark Strong interprète Pinbacker, commandant d'ICARUS I. "Pour Pinbacker, nous cherchions une sorte de Michael Schumacher, un homme viril au sommet de sa carrière lorsqu'il a été choisi pour diriger la première mission, à la fois maîtrisant toute la technique et physiquement imposant. Mark était le candidat idéal, il me faisait penser à une version d'Anthony Hopkins d'1m87," poursuit Danny Boyle.

Lorsque l'équipage d'ICARUS II retrouve Pinbacker, son corps a été exposé aux rayons du soleil pendant sept ans. Pour créer l'illusion de ses cicatrices impressionnantes, Strong devait subir cinq heures de maquillage avant de mettre un pied sur le plateau. "Je souhaitais que Pinbacker ait une présence fantomatique," signale Danny Boyle. " qu'il émane de lui quelque chose de dérangeant, comme si les particules qui le constituent avaient été réagencées par la puissance écrasante des rayons auxquels il a été exposé. Du coup, le simple fait de le voir et de l'écouter risque d'affecter votre équilibre psychique - comme si vous ne pouviez plus vous fier à votre cerveau."

L'ESPRIT DE LA NASA PLUTOT QUE DE STAR WARS …

Sunshine, le film

Danny Boyle a l'habitude de soumettre ses comédiens à une phase intensive de répétitions. Sur SUNSHINE, les acteurs ont répété pendant trois semaines, au cours desquelles ils se sont documentés sur leurs rôles à bord du vaisseau. Cillian Murphy s'est rendu au CERN à Genève, où travaille le physicien Brian Cox ("un type charmant qui a dû supporter toutes mes questions idiotes," s'amuse Cillian Murphy); Michelle Yeoh a visité le Projet Eden en Cornouailles, tandis que Chris Evans a rencontré l'astronaute de la NASA Daniel W. Bursch aux Etats-Unis. "Je suis allé à Monterey, en Californie, et j'ai discuté avec Daniel Bursch, l'un des types qui détiennent le record américain de survie dans l'espace - 8 mois au total - ce qui est hallucinant. Du coup, il m'a très bien briefé," explique Chris Evans. "C'était génial d'avoir le temps de si bien se préparer à un film qui vous passionne. On n'a pas toujours cette chance."

Danny Boyle a également projeté à ses comédiens plusieurs films pouvant leur être utiles dans leurs recherches. Ils ont ainsi visionné L'ETOFFE DES HEROS, FOR ALL MANKIND, LE BATEAU, et WAGES OF FEAR, ainsi que des classiques de la science-fiction comme ALIEN et 2001 L'ODYSSEE DE L'ESPACE. Au cours des répétitions, les acteurs ont reçu un entraînement à la plongée sous-marine et aux cascades, suivi des cours d'astronomie et de physique dispensés par des experts, testé un simulateur de vol et sont même montés à bord d'un petit avion pour se familiariser à l'apesanteur.

Sunshine, le filmEnfin, Danny Boyle a tenu à ce que ses comédiens vivent ensemble pendant quinze jours pour apprendre à se connaître avant le tournage. "Au début du film, ils ont déjà passé 16 mois à bord du vaisseau. Il fallait donc absolument que les acteurs nouent des liens aussi vite que possible et surmontent leurs éventuelles réticences," dit-il. "Il y a une forme d'alchimie qu'on ne peut pas jouer," explique Cillian Murphy. "Elle existe ou elle se produit entre les gens : ça peut être le sentiment de bien connaître quelqu'un ou au contraire l'agacement que cette personne suscite. Je crois que Danny a tenté de créer ce type d'alchimie en nous obligeant à cohabiter tous ensemble, et ça s'est avéré une expérience très agréable."

Les huit membres de l'équipage d'ICARUS II se sont installés dans des logements pour étudiants dans l'East End de Londres. "C'était assez rudimentaire et pas franchement confortable," se souvient Cliff Curtis. "Je croyais qu'on allait habiter une grande maison, nous faire des petits repas et passer un bon moment. Mais pas du tout, on dormait dans des petites chambres qui ressemblaient à des cellules de moine, dans des lits une place. On avait une douche et des toilettes privés, mais une cuisine très rustique."

LA PHOTO

Danny Boyle a travaillé en étroite collaboration avec le directeur de la photo Alwin Küchler pour imaginer le style visuel du film. "Il était capital que le film soit spectaculaire sur le plan visuel," explique-t-il. "Lorsque l'équipage s'approche du soleil, la question de l'équilibre de la lumière nous a semblé essentielle, et Alwin était vraiment l'homme de la situation".

Sunshine, le filmCe n'est que lorsqu'il a entamé les préparatifs du tournage que Küchler a compris la difficulté du traitement d'une lumière aussi écrasante que celle du soleil. "Je ne pourrais jamais, au grand jamais, rivaliser avec la beauté du véritable soleil," explique Küchler qui a tourné le film dans un format anamorphique. "Ce que je voulais vraiment transmettre, c'est la sensation physique de la lumière. Le vaisseau a été conçu pour être protégé du soleil. D'un côté, il y a le bouclier d'or qui renvoie la lumière du soleil, et de l'autre, il y a l'obscurité totale. Nous avons tourné certaines séquences dans un environnement très sombre, auquel on s'habitue, si bien que lorsque le soleil fait irruption, le spectateur réagit physiquement à cette lumière aveuglante. Si on prenait l'équivalent d'une cuillère à café des composants du soleil, et qu'on les disposait au sommet de la cathédrale Saint-Paul, toute l'Angleterre se volatiliserait. Imaginez un peu ce que cela peut représenter à cette échelle, et comment on peut transposer cela au niveau cinématographique, d'où mon incapacité à rivaliser avec une telle puissance".

LES DÉCORS

Pour créer les intérieurs et les extérieurs d'ICARUS II, Danny Boyle a de nouveau fait appel au chef décorateur Mark Tildesley, avec qui il avait collaboré sur 28 JOURS PLUS TARD et MILLIONS. "Mark est un véritable artiste et, tout comme moi, il adore les livres de photos, et cela nous a inspirés tous deux. Nous connaissions les paramètres de départ, et nous savions que nous souhaitions davantage nous rapprocher de l'esprit de la NASA que de celui de STAR WARS. C'est pour cela que la NASA nous a beaucoup inspirés".

"Après avoir choisi de situer le film dans un avenir proche, on s'est dit qu'on allait s'inspirer de la réalité pour le style visuel," poursuit le producteur Andrew Macdonald. "Nous nous sommes documentés sur les sous-marins nucléaires, les plates-formes pétrolières et, bien entendu, la NASA. A cette occasion, on a appris que dans un vaisseau spatial, la moindre vis est numérotée et a une finalité spécifique, et qu'elle n'est remplaçable par aucune autre. On a cherché à se rapprocher de ce niveau de précision dans le film."

Sunshine, le filmComme sur ses précédents films, Danny Boyle a constitué un album de photos et de graphiques afin que les comédiens et les techniciens y puisent leur inspiration pour SUNSHINE. Il a ainsi demandé à Mark Tildesley de concevoir ICARUS II comme un organisme vivant, susceptible de tomber en panne et de devoir être réparé. "On a souhaité que le vaisseau soit réaliste pour que le spectateur adhère à l'histoire," explique Mark Tildesley. "On voulait aussi que les comédiens aient le sentiment qu'ils auraient pu habiter dans cet espace confiné pendant des mois et des mois. Il fallait éviter tout esthétisme à outrance, mais plutôt rechercher la beauté de la science. On s'est tous mis d'accord sur le fait qu'on n'allait pas inventer l'intégralité du décor, mais qu'on allait forcément y retrouver des éléments de notre monde actuel."

ICARUS II est un immense bouclier, de plus d'1,5 km de diamètre, composé de panneaux dorés, qui protègent le vaisseau du soleil en déviant ses rayons incandescents. Le bouclier abrite la bombe, d'une dimension équivalente à celle de Manhattan, et d'une masse comparable à celle de la lune. Par rapport au bouclier et à la bombe, les lieux de vie de l'équipage sont très réduits : il s'agit essentiellement d'un couloir desservant l'espace de sociabilité, les couchettes, le poste de pilotage, la salle d'observation, le centre médical, la salle de la Terre et le jardin à oxygène.

Etablissant ses quartiers aux Three Mills Studios à l'est de Londres, l'équipe a occupé plus de 8 plateaux sur lesquels Mark Tildesley a conçu l'ensemble des intérieurs d'ICARUS II comme autant de décors à 360°. "On a varié les échelles, le vaisseau, selon nos critères, est gigantesque et il comprend des espaces minuscules pour les lieux de vie, un peu comme dans un sous-marin. Nous avons aussi imaginé de véritables machines remplissant une fonction bien précise. Dans les lieux de vie, on voit les câbles qui passent à travers les couchettes et les couloirs, pour donner le sentiment que les "veines" du vaisseau sont apparentes, et qu'il s'agit bien d'un organisme vivant qui fonctionne 24 heures sur 24."

LES COSTUMES

Sunshine, le filmLa chef costumière et décoratrice, Suttirat Anne Larlarb, qui avait déjà collaboré à LA PLAGE, a été chargée de concevoir un nouveau genre de combinaison spatiale ainsi que les costumes de l'équipage. "La combinaison spatiale devait être d'une grande originalité, ne pas ressembler aux inévitables costumes qu'on voit systématiquement dans les films de science-fiction," déclare Danny Boyle. "Le goût très sûr de Suttirat, tout comme son esprit baroque, ont fait d'elle la femme de la situation." "Il fallait que la combinaison spatiale ait ses propres spécificités techniques, presque comme un véhicule ou un accessoire," explique Anne Larlarb. "Danny souhaitait que la combinaison soit fonctionnelle, et qu'elle ne tombe pas dans le ridicule : il fallait qu'elle soit souple et solide, et donne le sentiment de protéger des rayons du soleil." Danny Boyle et Anne Larlarb se sont notamment inspirés des croquis d'Issey Miyake, du style des samouraïs, des armures médiévales, des combinaisons des plongeurs en haute mer, et même de la cagoule que porte Kenny dans la série d'animation South Park.

LES EFFETS VISUELS

Si les intérieurs d'ICARUS II ont été construits en studio, les extérieurs ont tous été conçus en infographie par l'équipe Effets visuels de Moving Pictures Company. "Quand on réalise un film, on consacre un temps infini au tournage, et puis on passe ensuite au montage. Cela n'a pas été le cas sur SUNSHINE," affirme Danny Boyle. "A l'heure actuelle, la mode veut qu'on évite les effets infographiques, et qu'on tourne les scènes en prises de vue réelles. Il nous a fallu adopter les effets visuels car ils offrent des possibilités extraordinaires et font gagner un temps précieux."

Sunshine, le film"Nous avons tourné 500 plans d'effets visuels," reprend le superviseur Tom Wood. "Les principaux effets concernent le soleil et les scènes se déroulant à l'extérieur du vaisseau : ces séquences ont presque intégralement été conçues en infographie, ce qui est assez rare. Les vaisseaux spatiaux intègrent le plus souvent des effets infographiques et des plans de maquettes, mais nous avons opté pour des scènes en extérieurs entièrement générées par infographie, à l'exception d'une séquence dans le sas où nous avons eu recours à la prise de vue réelle."

La plus grande difficulté pour l'équipe des Effets visuels a consisté à recréer le soleil - qui n'a jamais été photographié ou filmé à moins de plusieurs millions de kilomètres de distance. "Ce qui a nous a posé le plus problème, c'est de faire comprendre au spectateur à quel point le soleil est une planète d'une dimension sidérante," poursuit Tom Wood. "Il perd 4 millions de tonnes de matière par seconde et par ailleurs, il projette dans l'atmosphère plusieurs tonnes de matière, à la vitesse d'1,5 millions Km/h. Ce sont là des chiffres hallucinants avec lesquels on ne peut pas rivaliser ! Je pense, tout au moins, que notre soleil sera beau et impressionnant. Et j'espère qu'il donnera également la chair de poule." "J'essaie de réaliser des films optimistes," conclut Danny Boyle, "et même si certains peuvent sembler assez durs, j'espère qu'il y a une force vitale en chacun d'eux qui transcende cette âpreté, si bien qu'on a plus d'énergie en sortant de la projection qu'en y entrant." Le tournage, d'une durée de 15 semaines, a débuté en août 2005. La post-production s'est déroulée à Londres.